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Sophrologie et parentalité : 4 bénéfices

Quelques semaines sont passées depuis la rentrée scolaire, et cela a été l’occasion pour moi d’interroger des papas et des mamans sur la façon dont ils se vivent en tant que parent dans un monde ou les injonctions sont à leur paroxysme.


Il s’agit ici non pas d’un énième article cherchant à prodiguer des recettes miracle pour élever ses enfants, gagner du temps ou mieux s’organiser; mais plutôt d’une exploration de possibilités pour prendre soin de soi, prendre soin de sa qualité de présence, à soi et à ses enfants, pour revisiter un quotidien qui pourrait paraitre répétitif, monopolisant et stressant.



les bénéfices de la sophrologie pour les parents

La parentalité d’aujourd’hui est teintée par notre culture et notre histoire


La prévalence du burn-out parental dans certains pays occidentaux est supérieure à 8% alors qu’elle est quasiment nulle dans de nombreux pays d’Afrique. Qu’est-ce qui explique cela ?


Nous vivons dans un modèle sociétal où la pression de la parentalité positive domine. Le parent, surinformé par tous les canaux que nous connaissons, baigne quotidiennement dans les injonctions. Des injonctions qui sont portées par la littérature, les médias et amplifiées par les porteurs du syndrome de « wonderparents » que vous croisez à la sortie de l’école. De nombreux auteurs aux profils variés s’expriment sur la parentalité, avec des couleurs d’idées propres à chacun. Pour illustrer le propos, la rubrique « parentalité » compte 70 000 références sur Amazon et génère 22 500 000 résultats sur Google. Les recherches et méthodes s’étendent de plus en plus; il est même désormais possible d’éduquer son enfant en fonction des récentes découvertes sur les neurosciences.


Bien que toute cette matière soit très riche d’enseignements et puisse ouvrir à de nouvelles pratiques et de nouveaux débats (je pense notamment à celui sur le « time-out »), quoi que nous en pensions, il arrive un moment où nous pouvons nous sentir totalement perdus, pris entre injonctions, contradictions et simplification d’un vécu émotionnel parfois plus complexe qu’il ne parait.

La pression pour être un bon parent est forte. D’ailleurs sur Google la recherche « Qu'est ce qu'un bon parent » génère 142 000 000 de résultats, soit près de 7 fois plus que la précédente. Comme quoi… c’est un sujet d’intérêt. Et de surcroît, en tant que bon parent, vous devez aussi être un bon conjoint et un bon professionnel, avec une vie à l’équilibre…


« La société nous impose d’être toujours parfait. On entend souvent qu’il faudrait élever nos enfants comme si on n’avait pas de travail (et travailler comme si on n'avait pas d’enfants). »

Pour comprendre ce qui a mené notre société à évoluer en ce sens, faire toujours « plus » pour faire toujours « mieux », nous pouvons nous replonger dans l’histoire, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. À cette période, de nombreux enfants se sont retrouvés orphelins et il a alors été observé qu’une part d’entre eux pouvaient garder des séquelles d’un manque d’affection physique ou émotionnelle. Cette observation a été appuyée par la théorie de l’attachement d’Harlow dans les années 50, qui a démontré que seul répondre aux besoins primaires comme l’alimentation et le sommeil n’étaient pas suffisant au développement harmonieux de l’enfant. De nombreux ouvrages de psychologie et de développement de l’enfant ont alors commencé à faire leur apparition et de fil en aiguille, la notion dissimulée d’être un parent performant s’est imposée. Faire toujours « plus » pour faire toujours « mieux ».



Les attentes que les parents ont envers eux-même sont beaucoup plus grandes


Le poids des attentes parentales n’a jamais été aussi fort. Nous vivons dans un monde incertain et aussi de performance, où les parents prennent conscience du rôle qu’ils peuvent jouer dans la réussite de leurs enfants. Parfois, ce rôle peut dépasser un certain cadre en projetant sur l’enfant une pression qui viserait inconsciemment à réparer quelque chose chez le parent (par exemple le parent hélicoptère).


Cette pression, l’enfant la subit et le parent aussi. Souvent pris en étau dans les injonctions à être un parent « super-tolérant », « super-zen » ou encore « hypercommunicant ».


Et bien que la littérature, les études et recherches soient de plus en plus fines et conséquentes, le besoin d’exercer son libre-arbitre pour faire ce qui fait sens pour soi, ne s’est jamais autant fait ressentir.

Cette pression de l’hyperparentalité peut mener jusqu’à une certaine culpabilité de ne pas atteindre cette perfection illusoire, de quoi s’épuiser et rendre tout le monde anxieux. Et cela à l’heure où nous parlons d’éducation « positive ».



4 notions sur lesquelles la sophrologie nous accompagne pour un vécu plus harmonieux en tant qu'individu et en tant que parent


L'illusion de contrôle peut avoir des répercussions délétères. Paradoxalement, c’est en lâchant la pression trop forte et ce désir de contrôle que les membres de la famille pourront évoluer harmonieusement. La sophrologie nous invite à faire ce pas de côté afin de redonner à l'esprit sa juste place et s'éloigner de la "sur-intellectualisation", des automatismes acquis à force de se laisser imposer la norme ou la pression sociale comme vérité absolue.


En sophrologie, ce processus passe par l'ouverture de son champ de conscience et par le corps, afin de se ressentir de façon plus objective et de tisser un lien authentique avec soi. C'est-à-dire entre autres reconsidérer ce qui fait sens pour soi, lâcher les peurs et les attentes qui peuvent être freinantes dans sa vie d'adulte et de parent, jusqu'à laisser davantage laisser parler son intuition.


Prendre soin de soi, au sens de nourrir positivement son intérieur (sécurité, confiance, estime...), et incarner tant que possible cette valeur au quotidien permet d'ouvrir vers un vécu plus harmonieux individuellement et en tant que parent.


Et surtout, en sophrologie, il n’y a rien à réussir, nous ne sommes pas dans une posture de performance mais d'accueil …



4 bénéfices que la sophrologie peut nous apporter en tant qu’adulte et en tant que parent :



1/ Mieux se connaitre et respecter ses besoins


« La réalité c’est que la charge mentale dépend de ce qui se passe chez toi. On ne peut pas toujours la changer, l’enjeu est de savoir comment faire avec. J’assume mes responsabilités mais quand la répétition est trop lourde, je délègue. J'ai besoin que tout le monde à la maison aide et prenne ses responsabilités. »

Avant d’être parent, vous êtes un individu avec vos propres besoins, désirs, aspirations… la sophrologie permet de se s'ouvrir à soi, pour une connaissance objective et sensible de ce qui nous compose : nos besoins, nos limites, notre élan de vie, nos valeurs... Sa pratique nous accompagne en conscience, pour faire ses choix individuels et éducatifs en fonction de ce qui fait sens pour nous et avancer en cohérence et en justesse.


Incarner ce respect de soi, cette ouverture, c'est montrer à son enfant la possibilité d'être ouvert à son altérité et de la respecter. Et cela, tout en prenant conscience de là où la limite de son individualité s'arrête et où celle de son enfant commence.


La pratique de la sophrologie nous invite aussi à observer les choses comme si c'était la première fois, afin de ne pas s'enfermer dans ce qu'on croit connaître. C'est là que l'Ecoute avec un grand E commence, à la faveur de toute la famille…



2/ Apprendre à vivre avec le « je ne sais pas »


« Je ne compte plus les gens qui s’expriment sur la manière dont notre enfant devrait se comporter ou bien notre façon de l’élever : "Est ce qu’il fait ses nuits ? Est-ce qu’il fait du 4 pattes ?, Ce n’est pas bien de donner une tétine à son enfant…". C’est difficile à gérer car chaque enfant a ses besoins. Et parfois on n’a tout simplement pas les réponses de ce qui est bien ou pas bien. »

Nous vivons dans un monde mouvant dans lequel nous recherchons souvent plus de sécurité familiale, sociétale et économique. Cela se traduit souvent par un désir de contrôle parfois à outrance (cf le parent hélicoptère qui vise à développer à tout prix le potentiel de son enfant). La sophrologie nous invite à cheminer vers plus de lâcher prise sur ce que nous ne maîtrisons pas, afin de ne pas être constamment dans l’anticipation, la pressurisation à la performance et vivre le moment présent.


Ne pas avoir toutes les réponses n'est pas une fatalité, pourtant, c'est parfois difficile à accepter, tout comme ses vulnérabilités. La sophrologie ouvre un chemin vers un rapport plus doux et bienveillant à soi : composer avec ce qui est, prendre conscience de nos ressources, nourrir plus de sécurité intérieure.


En rentrant dans un rapport plus doux à soi, nous nous éloignons de l'auto-flagellation et de la culpabilité de ne pas tout maîtriser.


C’est aussi une façon de s’ouvrir aux surprises de la vie, aux imprévus, pour des moments ressources uniques seuls ou partagés avec ses enfants.



3/ Redonner de la valeur au temps


"Quand je suis fatiguée, j’essaie de ne pas anticiper et ne pas me dire « j’ai ça à faire après » ou « j’ai une to-do qui m’attend et je n’ai pas envie de le faire ». Il y a des impondérables. Si je suis pleinement centrée sur mes enfants, je n’ai pas de charge mentale car je suis dans le moment présent et je ne me laisse pas envahir par ces pensées. »

En tant que parent, le temps est une denrée rare. Se dire que l’on se rajoute une heure de méditation par jour pour son bien-être relève souvent de l’utopie.


La sophrologie est une méthode qui permet de développer une meilleure qualité de présence à soi et donc à sa famille, comme si l’on venait muscler son cerveau pour vivre différemment les moments de pression. La force de sa pratique est de s’adapter au quotidien de chacun : dans des moments très courts (file d’attente, transport, à son bureau, en cuisinant…) tout comme sur des temps plus longs.


Il s’agit de donner plus de conscience à ses actions bien que l’horloge et le temps qui défile nous fassent les gros yeux, par ce fameux pas de côté.


En réinvestissant le temps autrement, par une présence différente - et cela demande de l’entraînement - le temps pourra sembler moins fragmenté et plus incarné - pour entretenir un lien différent à son corps (relâcher les tensions lorsqu’on les conscientise) et aussi à ses enfants. Faites-vous ce cadeau de vous offrir des moments d’exception en famille, sans pour autant rallonger les journées…



4/ Apprendre à s’écouter objectivement pour savoir écouter


« Si la nuit a été courte, le matin je suis parfois de mauvaise humeur ! J’en ai conscience alors j’essaie de me rattraper le soir pour avoir un moment de qualité en famille pendant le diner par exemple. Je sais que c’est un moment propice pour moi, d'écoute et donc un temps de qualité et privilégié avec mes enfants. »

Le parent grandit en même temps que ses enfants. Chaque jour, en tant qu’individu, nous nous ouvrons à de nouvelles expériences, de nouveaux vécus qui nous transforment. Par exemple, nous ne sommes jamais le même entre le 1er et le 2ème enfant.


La sophrologie nous guide pour aller vers une meilleure écoute de ce que ces expériences manifestent chez nous. Il s’agit de revenir au corps, à nos ressentis corporels et émotionnels, afin d’observer sans jugement la façon dont nous nous vivons et le rapport que nous entretenons au monde, par exemple dans notre rôle de parent.


L’objectif est ainsi de pouvoir faire un pas de côté et transformer ce vécu sensible incarné par le corps, en quelque chose de structurant. Prendre le temps d’écouter et d’observer, permet de mettre à distance des choses qui ne conviendraient pas ou de les transformer en action positive pour soi, en se réajustant.


Cette posture d’ouverture et d’écoute à soi, permet de s’ouvrir et de mieux écouter ceux qui nous entourent, comme nos enfants par exemple. C’est aussi incarné un modèle d’exemplarité dans l’ouverture aux vécus subjectif de chaque individu, et une écoute dénuée de jugement. De quoi renforcer un lien d’amour et une posture d’accueil inconditionnel avec vos enfants, même dans les moments parfois plus sensibles.



Pour conclure…


La vie de parent n’est pas un long fleuve tranquille. Pour autant, il est possible de laisser plus de place à l’intuition, l’écoute, l’imprévu, et entretenir un rapport au temps différent.


La sophrologie nous ouvre les portes de notre propre maison intérieure, pour y développer davantage d’harmonie et la faire rayonner tout autour de nous.

Il ne s’agit pas de devenir le parent parfait, simplement aller vers une parentalité authentique et vécue le mieux possible, quelles que soient nos histoires, nos réalités.


Le non-jugement est une des bases fondamentales de la pratique. Et il semblerait que ce soit une valeur dont chacun de nous ait bien besoin dans ce monde parfois pétri d’injonctions.


Vous vous sentez dépassé et cela dure ?

N’hésitez pas à faire le test : https://www.burnoutparental.com/


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